[Critique] Meiji Tokyo Renka sur PSP

Motivée par l’adaptation anime diffusée récemment (que j’ai fini par abandonner par flemme), j’ai ressorti un vieux jeu de son placard : la version PSP de Meiji Tokyo Renka. Il s’agit du tout premier jeu de la licence et donc de ses origines.

L’histoire est assez simpliste : une lycéenne, Mei, en envoyée à l’ère Meiji et y rencontre d’importantes figures culturelles. Pour couronner le tout, elle se rend compte qu’elle peut voir les mononoke (des esprits), ce qui fait d’elle une tamayori. Enfin, non seulement le voyage dans le temps l’a rendue amnésique mais elle doit en plus attendre un mois avant que Charlie, le magicien autoproclamé qui l’a entraînée dans cette galère, ne la renvoie chez elle.

Personnages

Ayazuki Mei, dont le nom par défaut n’est malheureusement pas prononcé, est la protagoniste qu’on vous propose d’incarner. Comme la plupart des héroïnes d’otome games, elle n’a pas de traits de personnalité particulièrement marqués mis à part un goût immodéré pour la viande. Elle met un temps fou pour prendre conscience de sa situation et possède la vivacité d’une limace dans presque toutes les routes sauf celle de Charlie où là on prend plaisir à suivre ses péripéties. Définitivement rien à voir avec la Mei présentée dans l’adaptation anime.

Mori Ougai (CV : Namikawa Daisuke) est un médecin de l’ère Meiji très réputé pour ses écrits et ses traductions d’œuvres occidentales en japonais. Il partage son manoir (et sa route commune au passage) avec Hishida Shunsou. C’est un homme excentrique aux réactions exagérées. En grand maniaque, il se lave tous les jours à la même heure peu importe s’il est seul ou non dans la pièce.

Hishida Shunsou (CV : KENN) est un étudiant en art vivant chez Ougai avec qui il entretient des rapports assez complexes. Bien qu’ayant un certain respect pour le médecin, il doute souvent (à juste titre) du bon sens des actions. Ayant des difficultés à admettre son attirance pour Mei dans sa route, son affection se traduit par la jalousie qu’il éprouve envers Ougai. D’ordinaire calme, il n’est plus lui-même lorsqu’il aperçoit et veut dessiner quelque chose de « beau ».

Kawakami Otojirou (CV : Toriumi Kousuke) est un célèbre et bel acteur au service de ces dames au style de vie assez particulier : pour financer ses pièces et gagner sa vie, il se travestit pour exercer le métier de geisha à Okiya. C’est par pur altruisme qu’il décide de prendre en charge Mei alors que cette dernière le prend pour une geisha répondant au nom d’Otoyakko. La romance est comme je les aime : progressive et assez crédible, partant d’un personnage au départ complètement désintéressé.

Izumi Kyouka (CV : Okamoto Nobuhiko) est un tsundere de catégorie chaotique, bruyant auteur de certaines pièces montées et jouées par Otojirou, sans son accord d’ailleurs ce qui rend la relation entre les deux protagonistes assez pimentée. Maniaque et hypocondriaque, il est comme Mei un tamayori, et voit les mononoke depuis son enfance. Il préfère d’ailleurs largement leur compagnie à celle des humains.

Fujita Gorou (CV : Fukuyama Jun) est un policier qui trouve Mei suspecte. C’est un homme froid et sans pitié ayant pour vocation l’extermination de « tout ce qui peut nuire à l’homme », y compris les mononoke. Mais Fujita n’a pas la capacité de les voir et s’aide de son sabre pour les localiser. Pour être honnête, je suis toujours dans l’incompréhension totale de la romance qui est finalement peu présente. Mais le saviez-vous ? Fujita Gorou n’est autre que l’ex-membre du Shinsengumi, Saito Hajime ! Il a changé de nom en intégrant les forces de police à l’ère Meiji. (Ceci n’est pas un spoiler, sa route faisant vraiment peu référence à son passé.)

Koizumi Yakumo (CV : Tachibana Shinnosuke) est un écrivain étranger (Lafcadio Hearn) ayant obtenu la nationalité japonaise. Il est passionné par les mononoke mais n’est pas en mesure de les voir. Il est assez excentrique et décide de prendre Mei sous son aile, d’abord par curiosité, mais il est par la suite très vite intéressé par son statut de tamayori. Sa route suit la même intrigue que celle de Gorou mais elle est plus développée et l’histoire,plus étoffée, ne tourne pas uniquement autour de la relation entre Mei et Yakumo.

Charlie (CV : Morikawa Toshiyuki) est le magicien qui envoie « par erreur » Mei dans le passé. C’est un personnage mystérieux qui apparaît et disparaît comme bon lui semble mais c’est surtout un énorme masochiste qui fait plus ou moins exprès de jouer avec les nerfs de l’héroïne. J’ai totalement adhéré au personnage : il est drôle, touchant et sa route offre enfin un minimum de développement à l’héroïne. Malheureusement la route, victime du « syndrome de la route finale » qui se débloque à la fin, a la fâcheuse manie de récapituler tout ce qu’on a déjà vu des autres personnages dans les routes précédentes. Par conséquent, les interactions entre Mei et Charlie ne sont pas si nombreuses.

Histoire et scénario

On ne va pas se mentir : c’est pauvre. D’ailleurs, je ne pense pas que ça ait la vocation d’être autre chose qu’un léger divertissement. Les routes sont assez courtes et pas franchement étoffées. Hormis Charlie, tous les personnages sont en duo, ce qui veut dire que les premières décisions nous orientent vers un duo puis vers un personnages puis une fin. Des fins qui se comptent au nombre de de trois par route et qui sont toutes copiées-collées quand elles ne sont pas complètement identiques.

Le fantastique et le mystère censés être en toile de fond sont relativement peu présents voire quasiment inexistants dans certaines routes. Meikoi consiste surtout à déconner un bon coup sur le caractère un peu spécial des différents personnages. C’est le genre de jeu auquel on joue les neurones débranchés, juste pour rigoler un bon coup et faire la fangirl sur les persos (l’un des points forts du jeu étant quand même les doublages et plus particulièrement les fameuses dummy head mic donnant l’impression que les personnages nous murmurent leurs répliques à l’oreille).

« Tu es trop naïve. Ne va pas t’imaginer qu’une femme peut vivre tranquillement seule. Le bonheur pour une femme s’obtient en épousant un bon parti, non ? »

Pour le côté historique, c’est très peu fidèle aux réelles bibliographies des personnages qui sont pourtant inspirés de personnes réelles. Le fossé entre l’époque contemporaine de Mei et l’ère Meiji sert surtout de running gag. Tout ne tourne pas hyper bien quand on atterrit dans le passé et Mei ne rate jamais l’occasion de faire une bourde. Et avec sa lenteur d’esprit latente, elle ne manque jamais de sortir des références aux objets modernes sans qu’aucun des personnages ne puisse les comprendre. Sans oublier la belle brochette de réflexions qui nous peuvent nous sembler un peu limites sur les bords à notre époque.

Donc non, c’est pas bien écrit : certaines romances sont complètement sorties d’un trou noir, ça use et ré-use de bons vieux clichés… Je pense que le manque de personnalité de Mei y est vraiment pour quelque chose : c’est souvent dur de comprendre pourquoi le casting masculin tombe sous son charme alors que concrètement…il n’y a rien (le fameux coup du « tu es mignonne donc je t’aime »). L’humour en lui-même n’est pas hyper développé et c’est souvent les mêmes gags qu’on nous répète. Et pourtant vous savez quoi ? Je ne me sens pas spécialement trahie pour autant car quand j’ai découvert ce jeu pour la première fois, j’avais bien conscience qu’il n’avait pas vocation à être du Mozart.

Graphismes et bande son

Meiji Tokyo Renka est un jeu aux graphismes moyens. Je ne peux pas décemment dire que c’est complètement moche, parce que c’était déjà suffisamment étonnant d’avoir des sprites animés dans un jeu PSP. Mais les CG ont quand même un côté un peu vieillot et on se retrouve assez souvent avec des têtes de messieurs patates aux proportions assez aléatoires. Mais comme on a vu pire, ça passe.

La bande son est quant à elle de l’ordre du passable mais oubliable : sauf pour les opening et ending themes que je trouve toujours aussi entraînants.


Conclusion

Finalement, Meiji Tokyo Renka restera dans ma mémoire de façon nostalgique : dur de se retourner contre ses premiers otome games. Cependant, si vous cherchez vraiment un bon visual novel alors peut-être que non, ce n’est pas fait pour vous. Les copier-coller, les mêmes intrigues qu’on surexploite et la faible longueur des routes sont quand même assez rebutants. Même si j’ai passé un bon moment à rire avec les personnages, je me dis que j’ai bien fait de ne pas m’attarder sur la version PS Vita vue la qualité du jeu. En revanche, le système est assez sympa pour un jeu sorti sur PSP et dispose de plusieurs fonctions plutôt utiles : passer au choix suivant, possibilité de faire plusieurs quick saves ainsi que de changer la voix off pour mettre celle de notre perso préféré. Les bonus étaient aussi assez sympas.


Scénario
Romance
Graphisme
Bande Son
Doublages
Ergonomie



⭐⭐
⭐⭐
⭐⭐⭐
⭐⭐⭐⭐
⭐⭐⭐⭐

Les plus

  • Les doublages et le casting

Les moins

  • Trop de copier-coller
  • Pas assez d’intrigue

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